Monday, April 15, 2013

Réflexions sur l’élection au Venezuela


Comme on pouvait le craindre l’ère Chavez semble bel et bien terminée au Venezuela.
Hugo Chavez avait obtenu 56 % des voix à la présidentielle de 1998, 72 % lors de son référendum la même année, 59,5 % des voix à l’élection présidentielle de 2000, 58,91 % lors du référendum de 2004 et 62,8 % à la présidentielle de 2006. C’est en 2007 qu’il subit sa première défaite électorale, puisque 50,7 % des électeurs rejettent par referendum son projet de reforme constitutionnelle, avec une abstention importante de 50%. Le président Chavez a pris acte de cette défaite et affirmé qu’il ne se représenterait pas à l’issue de son prochain mandat.

L’histoire est connue, Hugo Chavez, malade est néanmoins largement réélu en octobre 2012 avec 55 % des voix et un taux de participation de prèsde 80 %, mais celui-ci mourra peu de temps après (le 5 mars 2013 à Caracas) non sans avoir désigné son successeur : Nicolas Maduro.
Certes, celui-ci a vraisemblablement gagné les élections présidentielles du dimanche 04 avril 2013 mais d’une infime justesse avec 50,66 % contre 49,07 % pour son principal adversaire. La participation a été relativement élevée, atteignant les 79 %, soit à peine moins qu’en octobre dernier (80 %), lorsque Hugo Chavez a été réélu avec 55 % des voix.

Chavez avait longtemps montré du doigt l’Amérique qu’il accusait d’exercer une forte pression politique sur son pays et sur lui même et notamment de s’être directement impliqués dans la tentative de révolution de couleur de 2002. L’opposition qui conteste déjà le résultat de dimanche dernier pourrait sans doute tenter d’organiser des troubles en contestant un scrutin qu’elle juge irrégulier et appeler sespartisans par exemple à manifester ou pourquoi pas à occuper la place centrale de Caracas, sur le modèle Ukrainien ou serbe desrévolutions de couleur.
La Russie, qui vient de féliciter Nicolas Maduro pour son élection, toutcomme elle avait reconnu l’élection de Viktor Ianoukovich en 2004 a visiblement parfaitement compris les enjeux des prochains jours.

Bien sûr, l’héritage de Chavez est gigantesque (lire à ce sujet cetincroyable bilan) et le Venezuela est devenu un autre pays depuis l’arrivée au pouvoir de ce militaire chrétien et patriote devenu chef d’Etat. Mais comme souvent dans l’histoire, les hommes exceptionnels n’ont pas autour d’eux de successeurs à leur niveau. La personnalité effacée de Nicolas Maduro n’est sans doute pas assez marquante pour réellement séduire les électeurs Vénézuéliens comme Hugo Chavez a su le faire pendant 15 ans.

La France sait quelque chose de ces successions difficiles lorsqu’après le départ du General deGaulle elle s’est retrouvée sans élite politique et sans leader réel, situation qui dure depuis 1968.
Les élites russes devraient prendre en compte cette « versatilité » qu’ont sans doute la majorité des peuples de la planète, surtout lorsqu’ils sont confrontés à une intense et usante pression médiatique de l’extérieur, comme c’est le cas aujourd’hui via la prédominance du Mainstream occidental dans champ médiatique global.

On ne peut donc qu’espérer qu’en bons joueurs d’échecs, le prochain coup sera déjà anticipé.

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