Monday, February 4, 2013

La loi anti-Magnitski, prémisse d’une nouvelle guerre froide?

Durant ces vacances de noël, une amie américaine qui veut adopter un enfant m’a fait remarquer que désormais elle ne pourrait plus espérer adopter un enfant russe, puisqu’une loi était entrée en vigueur en Russie, interdisant l’adoption d’enfants russes par des Américains. Il s’agit bien sur de la loi Dima Yakovlev, qui a fait au moins autant de publicité à la Russie que l’affaire Depardieu, mais sans aucun doute en bien plus négatif.

J’ai répondu à cette amie ce que je pensais, à savoir qu’il me semblait que comme d’habitude, la Russie était agressée (cette loi faisant suite a une loi américaine, la loi Magnitski, empêchant l’entrée du territoire américain à des officiels russes), et que comme d’habitude elle se défendait sans doute mal. Il aurait sans doute suffi de faire une liste "riposte" russe en réponse, ce qui a finalement été fait mais trop tard et trop peu médiatisé, et surtout ne pas donner l’impression que les enfants étaient pris en otages. Encore une fois, la Russie s’est mal vendue à l’étranger et s’est jetée dans la gueule du loup médiatique, apparaissant comme un pays dont le bourreau en chef signe des lois autoritaires empêchant les orphelins russes d’espérer une vie meilleure en Amérique.

Les lecteurs francophones ne savent pas forcément qui est Dima Yakovlev, cet enfant qui a donné son nom à cette loi. Dima Yakovlev est un enfant russe, oublié par son père adoptif américain dans une voiture en plein soleil et qui est décédé en Amérique en 2008. Jugé, le père adoptif a lui été acquitté. Сette affaire n’est pas la seule à avoir défrayé la chronique des adoptions outre atlantique. En 2010, un garçon de 7 ans, Artyom Savelyev, a par exemple été renvoyé des Etats-Unis par sa mère adoptive. Arrivé en Russie, il n’avait sur lui qu’un billet sur lequel était inscrit cette phrase: "Je ne veux plus m’occuper de cet enfant." La mère adoptive, qui avait déclaré que l’enfant était mentalement instable, n’a pas été poursuivie. Cette dernière venait cependant visiblement d’ouvrir un nouveau type d’adoption: l'adoption à durée indéterminée. On peut tenter d’imaginer les dégâts émotionnels sur l’enfant, et se demander sérieusement comment un tel comportement n’entraine pas de devoir rendre des comptes. Autre cas célèbre: celui de la famille Craver, en Pennsylvanie. Monsieur et madame Craver ont eux été emprisonnés durant seulement dix-neuf mois après avoir battu à mort Nathaniel Craver, leur fils adoptif venu lui aussi de Russie................................................................

No comments:

Post a Comment