Sunday, August 11, 2013

La liste des privatisations en Grèce... Ça fait mal!

Pour récupérer 50 milliards d’euros d’ici 2015 et réduire la dette de 340 milliards d’euros l’État grec a dû accepter sous la pression de l’Union européenne de privatiser une trentaine d’entreprises. Une grande partie de ces entreprises ont de bonnes chances d’être racheté par les banques même qui sont à l’origine des problèmes financiers grecs. C’est une dépêche du journal La Tribune du 03 juin 2011. Autrement dit : pour venir en aide à ces banques1 on demande à la Grèce de privatiser à outrance ses biens publics,dont les premiers bénéficiaires sont les banques elles-mêmes.
Le résultat de tout ceci est que le peuple Grec est un peuple qui est en train de partir en vrille.

La situation est de plus en plus mauvaise en Grèce.
Je vous rappelle quel a été le programme concocté par la Commission européenne avec l’aide de la Banque Centrale Européenne et du Fonds Monétaire International. Voilà ce qu’on a demandé au peuple grec, au cours des années 2011 et 2012  :
  • l’État grec, détenteur de 16% de la société O.T.E, numéro un des Télécoms en Grèce, doit lui céder la totalité de sa participation ;
  • les 34% de la Banque Postale détenus par l’État grec ont été privatisés ;
  • les ports du Pirée et de Salonique, dont l’État détenait encore 75%, ont été entièrement privatisés ;
  • pareil pour la Société d’eau de Salonique ;
  • pour l’E.A.S, entreprise grecque spécialisée dans les systèmes de défense, détenue à 100% par l’État , l’objectif était la privatisation à 66% ;
  • la Loterie nationale, détenue par l’État grec à 100% , devait être privatisée à hauteur de 67% avant la fin de l’année ;
  • le groupe gazier DÉPA , contrôlé à 65% par l’État grec , devait voir la part de l’État réduite à 32% d’ici la fin 2011 ;
  • TRAINOSE, la compagnie nationale des chemins de fer , devait être totalement privatisée ;
  • LARCO, groupe minier de l’État grec, possédé à 55% par l’État, devait être entièrement privatisé ;
  • le PMU, qui était possédé par l’État grec , devait être entièrement privatisé  ;
  • le Casino Mont Parnes, qui est une société de jeux, où l’État possédait 49% , devait être entièrement privatisé ;
  • les licences de téléphonie mobile devaient être entièrement privatisées  ;
  • l’ancien aéroport Hellinikon, entièrement privatisé ;.
Le programme pour 2012 et 2013 se poursuivant :
  • la privatisation de l’aéroport International d’Athènes,
  • la privatisation du réseau d’autoroutes Egnatia Odos au premier trimestre 2012,
  • la privatisation de la Poste Hellénique, de 90 à 40%,
  • la privatisation de Opap des paris sportifs,
  • la privatisation des ports régionaux,
  • la privatisation de la Société d’eau d’Athènes,
  • la privatisation de l’entreprise EVO dans le système de la défense,
  • la privatisation de la caisse des dépôts et consignes grecque,
  • la privatisation d’Électricité de Grèce,
  • la privatisation de la société des autoroutes Hellene 1,
  • la privatisation des aéroports régionaux de catégorie 1,
  • la privatisation de la deuxième tranche de l’aéroport Hellinikon,
  • la privatisation de toutes les participations bancaires détenues par l’État grec,
  • ainsi que de la Banque agricole ATE.
C’est-à-dire TOUT ! Il ne restera plus qu’à privatiser le Parthénon et à vendre par appartement toutes les collections des musées, et ce sera fini. Vous rendez-vous compte de ce qui se passe ? Vous rendez-vous compte que le même scénario s’installe en France ? Aux dernières nouvelles, l’ensemble du parc de Versailles va être privatisé et peut-être confié à Vinci. Il y a urgence en la matière ! C’est notre patrimoine collectif national dont il s’agit.

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Pourquoi y-a-t-il de plus en plus d’émeutes en Grèce ? La raison est ce programme de privatisations dont personne ne parle, en France, de son étendue. On dit des Grecs, aux Français, qu’ils sont de mauvais coucheurs qui ne payent pas leurs impôts !

On demande à un peuple entier de se vendre. Bientôt, on leur demandera de se vendre comme esclaves.
Et tout ceci pour qui ? Et pour quoi faire ?
Nous sommes dans une situation qui est de nature presque insurrectionnelle. Il y a eu des troubles encore très important il y a quelques jours à l’ambassade des États-Unis à Athènes , qui a été quasiment prise d’assaut. Et nous ne sommes qu’au début du processus. La privatisation a été freinée à cause des problèmes de politique intérieure, des problèmes sociaux. Le Premier Ministre a été éjecté et on a interdit un référendum.

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Ça, c’est la Grèce. Elle pèse 1% de l’Europe. L’Italie, l’Espagne et la France arrivent après. Vous imaginez la poudrière explosive devant laquelle nous nous trouvons désormais.

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Je terminerai pour vous rappeler que – comme nous l’avons vu ci-dessus, pendant que les fonctionnaires européens se servent des retraites incroyables , qu’ils demandent aux peuples d’Europe de se serrer la ceinture – la BCE, au moment-même où tout est en train de s’effondrer, où le demi-frère du Président de la République ne donne que quelques semaines à l’euro, au moment où tout s’effondre malgré les plans de sauvetages dont le seul but est de les faire mousser dans la presse, la Banque Centrale Européenne n’a rien trouvé de mieux que de lancer un programme de construction d’un nouveau siège social, pour la bagatelle de 1 400 000 000 €.