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Wednesday, July 17, 2013

Guerre en Syrie, immixtions et désinformation

La guerre en Syrie s’accompagne d’une guerre de l’information impitoyable destinée non seulement à justifier l’offensive du dispositif international contre la Syrie mais aussi à masquer tant bien que mal les immixtions étrangères croissantes dans ce conflit.

On parle beaucoup de l’intervention du Hezbollah, du soutien russo-iranien à l’Etat syrien, du soutien des monarchies du golfe à l’opposition djihadiste syrienne ou du rôle de la Turquie, mais on oublie que la guerre concerne aussi directement l’état d’Israël, qui espère qu’une chute d’Assad permettra l’affaiblissement voir la disparition du Hezbollah. Depuis le début de cette année 2013, l’Etat Hébreu était ainsi déjà intervenu militairement au moins trois fois en Syrie. En janvier tout d’abord, pour détruire un convoi d'armes destinées au Hezbollah puis par deux fois en mai contre un centre de recherches scientifiques, un dépôt de munitions et une unité de la défense anti-aérienne.
Au sein de cette guerre totale de l’information, certains nouvelles passent relativement inaperçues alors qu’elles sont sans doute d’une importance capitale puisqu’il semblerait qu’Israël ait frappé une quatrième fois la Syrie.
Le 5 juillet, une série de fortes explosions sont entendues par les résidents de la ville d’Eilat, en Israël. Les forces de sécurité dépêchées sur place ne vont pourtant trouver aucune trace de missiles ou roquettes. Quelques heures plus tard, de nouvelles explosions sont entendues autour des bases militaires de Qassi et Samiya, situées à proximité de la ville côtière de Lattaquié, en Syrie.
Le lendemain, soit le 6 juillet, la radio israélienne annonce qu’un de ses F-16I s’est abîmé en mer méditerranée suite à une défaillance technique du moteur mais que le pilote et son navigateur ont été secourus. Le Commandeur de la force israélienne, le général Amir Eshel a alors annoncé l’immobilisation au sol de tous les F-16I et Boeing F-15I jusqu’à ce que les circonstances entourant la perte de ce F-16I soient éclaircies.
Selon CNN, l’opération a été menée par Israël pour détruire des installations contenant une cinquantaine de missiles antinavires Iakhont P800 de fabrication russe. Toujours selon la presse américaine, l’attaque aurait bien été menéepar Israël (qui dément) via un raid aérien pendant que la presse britannique affirme au contraire que l'attaque aurait été menée par un sous-marin israélien de la classe Dolphin, tandis que des sources proches de la chaîne Russia-Today affirment elles que l’attaque aurait eu lieu via l’utilisation de bases turques, ce qui a été démenti par Ankara.
Le 14 juillet 2013, la presse syrienne affirme détenir des informations prouvant que le F-16I israélien n’a pas été victime d’un dysfonctionnement mais aurait bel et bien été abattu par la défense syrienne. Pour les analystes syriens, cette attaque israélienne serait en fait une réponse à la destruction par de missiles franchement livrés à Israël et stockés non loin de la ville d’Eilat par l’axe Syrie-Hezbollah.
Cette opaque affaire n’est pas sans rappeler la très étrange histoire de la cargaison du porte-conteneur japonaisMol Comfort, suspecté de transporter des armes à destination de l’opposition à l'armée Syrienne et qui a mystérieusement coulé le 17 juin 2013, alors qu’il était en provenance de Singapour et à destination de Jeddah, en Arabie Saoudite.
Alors que l’opposition syrienne semble plus divisée que jamais, les combats entre rebelles et islamistes s’intensifientet les Talibans pakistanais viennent d’annoncer l’envoi de centaines de supplétifs pour combattre Assad, devenant ainsi, dans un retournement historique et politique sans doute sans précédent, les alliés directs de l’Occident dans la guerre contre la Syrie d’Assad.
Alors que l’Armée syrienne semble reprendre du terrain, il semble de moins en moins probable que le régime syrien s’effondre, surtout maintenant que l’Occident (Amérique et Angleterre en tête) semble refuser définitivement l’armement des « rebelles ». Des « rebelles » dont du reste plus personne ne pense aujourd’hui qu’ils puissent ni renverser Assad, ni faire face a la colonne Islamiste radicale qui vient de leur déclarer la guerre.
A n’en pas douter, la guerre de l’information va fortement s’accentuer en Syrie dans les prochains mois. N

Thursday, July 11, 2013

Blog d'Alexandre Latsa: Printemps arabe: l’échec de la démocratie en Orient?

L'armée égyptienne est finalement intervenue pour déposer le président Mohamed Morsi, pourtant premier président démocratiquement élu du pays. Le printemps arabe, né en Tunisie fin 2010, a atteint l’Egypte dès le début 2011 et a abouti au départ du président Moubarak qui dirigeait l'Egypte depuis trente ans.
Les revendications d’une grande partie de la jeunesse égyptienne qui a mené cette révolution dite du Nil ou du Papyrus sur la place centrale du Caire (la place Tahrir) ont abouti à des élections libres qui ont vu une déferlante islamique.
En effet, aux premières élections législatives de l’après Moubarak, qui a vu une participation de 55%, les frères musulmans ont obtenu 44.6 % des voix, concurrencés seulement par les plus radicaux qu’eux, les salafistes, qui ont obtenu 22,5% des voix, le premier parti pseudo libéral  obtenant seulement 7,8% des voix. A l’élection présidentielle de 2012, la scission du pays en deux (Islamo-conservateurs contre réformistes) était palpable et l’élection s'est résumée à un duel politique entre un homme de l’époque Moubarak et le candidat des frères musulmans, le scientifique Mohamed Morsi, qui a notamment étudié aux Etats-Unis. Celui-ci remportera l’élection avec 51,73 % des voix (la participation s’élevant à seulement 45%) et sera investi en juin 2012.
Un an plus tard, il sera donc déposé par l’armée après de nouvelles et immenses manifestations (plusieurs millions de personnes) place Tahrir et ailleurs en Egypte. Les opposants lui reprochent principalement sa piteuse gestion de la situation économique du pays. Ce Week-end, plusieurs centaines de milliers de partisans du président déchu sont eux aussi descendus dans la rue, invoquant eux à juste titre le respect des urnes et la démocratie. Les manifestations ont tourné à l’affrontement entre partisans de Mohamed Morsi et l’armée et en ce 10 juillet 2013 on parle déjà de dizaines de morts et de centaines de blessés.
Il y a là des dilemmes visiblement insolubles pour l’Egypte, pour les pays du printemps arabe et pour la communauté internationale...................................

Wednesday, July 10, 2013

Blog d'Alexandre Latsa: Printemps arabe: l’échec de la démocratie en Orient?

L'armée Egyptienne est finalement intervenue pour déposer le président Mohamed Morsi, pourtant premier tout juste trente président démocratiquement élu du pays.  Le printemps arabe, né en Tunisie fin 2010, a atteint l’Egypte dès le début 2011 et a abouti au départ du président Moubarak qui dirigeait l'Egypte depuis trente ans.
Les revendications d’une grande partie de la jeunesse Egyptienne qui a mené cette révolution dite du Nil ou du Papyrus sur la place centrale du Caire (la place Tahrir) ont abouti à des élections libres qui ont vu une déferlante islamique.
En effet, aux premières élections législatives de l’après Moubarak, qui a vu une participation de 55%, les frères musulmans ont obtenu 44.6 % des voix, concurrencés seulement par les plus radicaux qu’eux, les salafistes, qui ont obtenu 22,5% des voix, le premier parti pseudo libéral  obtenant seulement 7,8% des voix. A l’élection présidentielle de 2012, la scission du pays en deux (Islamo-conservateurs contre réformistes) était palpable et l’élection s'est résumée à un duel politique entre un homme de l’époque Moubarak et le candidat des frères musulmans, le scientifique Mohamed Morsi, qui a notamment étudié aux Etats-Unis. Celui-ci remportera l’élection avec 51,73 % des voix (la participation s’élevant à seulement 45%) et sera investi en juin 2012.
Un an plus tard, il sera donc déposé par l’armée après de nouvelles et immenses manifestations (plusieurs millions de personnes) place Tahrir et ailleurs en Egypte. Les opposants lui reprochent principalement sa piteuse gestion de la situation économique du pays. Ce Week-end, plusieurs centaines de milliers de partisans du président déchu sont eux aussi descendus dans la rue, invoquant eux à juste titre le respect des urnes et la démocratie. Les manifestations ont tourné à l’affrontement entre partisans de Mohamed Morsi et l’armée et en ce 10 juillet 2013 on parle déjà de dizaines de morts et de centaines de blessés.
Il y a là des dilemmes visiblement insolubles pour l’Egypte, pour les pays du printemps arabe et pour la communauté internationale......................

Wednesday, June 19, 2013

Blog d'Alexandre Latsa: Réflexions sur l’appel du 13 juin de Moscou

Réflexions sur l’appel du 13 juin de Moscou et sur les lois récemment votées en Russie! Merci de reposter! 

Cette semaine a été riche en actualité russe et le moins qu’on puisse dire est que si la Russie a fait parler d’elle, il n’y a eu aucune surprise pour les lecteurs réguliers de RIA-Novosti. Les élites russes actuelles, que l’on est libre d’apprécier ou non, ont au moins cette habitude de généralement faire ce qu’ils disent.
La défense des croyants.
Mardi 12 juin la Douma russe (la chambre basse du parlement russe) a adopté un projet de loi visant à lourdement sanctionner les offenses aux croyants, via une amende allant jusqu’ à 500.000 roubles (12.500 euros) et un an de prison aux personnes "menant une action publique qui témoigne d'un évident manque de respect envers la société dans le but d'offenser les sentiments religieux des croyants". La loi comprend aussi un volet qui augmente la peine de prison si l’offense est commise au sein d’un lieu de culte et enfin vise aussi la "profanation intentionnelle de littérature religieuse et d'objets de culte" ou encore le fait "d'empêcher illégalement l'activité religieuse"...................................................

Monday, June 3, 2013

Vers un monde tripolaire ?

география глобус земной шар Планета Земля карта

Il y a a peu près un an, j’écrivais un texte intitulé Vers un monde sans Union Européennne ?, dans lequel je prédisais que l’Europe (au sens de l’Union Européenne) ne serait plausiblement jamais, sous sa forme actuelle, un acteur majeur et viable du monde de demain. L’absence d’authentiques structures politiques et donc de souveraineté ne devrait pas en effet lui permettre de s’opposer aux nouveaux géants que sont les BRICS ou les grand blocs émergents, dont les clefs de fonctionnement politiques et stratégiques sont au contraire fondés sur la toute puissance du politique et l’affirmationde la souveraineté.

La crise économique financière, qui a notamment mis en exergue la crise de fonctionnement de la monnaie unique (Euro) a sans doute définitivement enterré l’espoir que les fondateurs avaient en l’Europe. L’Europe, il est vrai, n’a pas su dépasser ses différences historiques, systémiques et culturelles, sans doute par manque d’un pouvoir politique centralisateur et fort. Il y a tout d’abord l’Europe du Sud, ces récentes dictatures (Grèce, Portugal, Espagne…) qui sont les grands malades de l’Europe dont elles sont financièrement totalement à charge. Il y a les nouveaux entrants qui se sont tournés vers l’Amérique plus que vers l’Europe de Bruxelles, confondant sans doute leur adhésion à l’UE avec celle de l’Otan. Enfin, il y a le noyau d’une vieille Europe qui est partagée entre une Allemagne ayant un besoin vital et économique de plus d’UE, et une France qui peine de plus en plus à obtenir une crédibilité européenne. Enfin, il y a le cas de l’Angleterre, que le Général De Gaulle avait bien défini comme étant le pion atlantiste en Europe et qui devrait vraisemblablement rapidement quitter une UE en pleine décomposition.
Ce n’est que relativement récemment que, paradoxalement, l’extension à l’Est de l’Europe a rendu plus visible la place de la Russie comme partenaire essentiel de l’Union Européenne et des nations européennes. L’illusion d’un accroissement de la coopération militaire et énergétique proposée par Moscou pour contrebalancer l’atlantisme totalitaire des élites européennes actuelles aura été de courte durée. Il semble de plus en plus évident aujourd’hui que l’Europe de Bruxelles et la Russie sont, malgré la coopération économique croissante, sur des évolutions historiques opposées, voire même contradictoires. La Russie renforce activement son partenariat avec la Chine en parallèle de son intégration eurasiatique, laissant clairement comprendre où elle situe stratégiquement son avenir pour les prochaines décennies. Bruxelles vient sans doute de son coté de céder le peu de souveraineté qui lui restait puisque les parlementaires européens ont voté le 23 mai dernier une résolution sur l’ouverture de négociations en vue de la constitution d’un accord de libre échange entre les Etats-Unis et l’Union européenne.
Le but est clair et a été parfaitement expliqué par ladéputée européenne allemande Godelieve Quisthoudt-Rowohl: «le renforcement de l’espace commercial transatlantique renforcerait énormément la position occidentale et permettrait sans doute que l’Union européenne ou les Etats-Unis soient un jour en mesure de négocier avec la Chine ». On peut imaginer clairement que de la même façon, l’Europe, qui a servi de tête de pont pour attaquer l’Eurasie contre une hypothétique menace postsoviétique destinée en fait à favoriser le contentieux américain contre la Russie, semble destinée aujourd’hui à servir de nouveau de tête de pont, mais cette fois en vue d’une tension américaine contre la Chine.
Cette hyper intégration transatlantique devait provisoirement accentuer l’américanisation de l’Europe de Bruxelles et par conséquent la soumission totale et définitive de cette dernière aux flux de capitaux, de marchandises et d’information venus d’outre atlantique. Ce faisant, l’Europe de Bruxelles se verrait dans l’incapacité définitive de pouvoir souverainement choisir ce qu’elle prend et ce qu’elle ne prend pas du monde qui l’entoure, et notamment d’outre atlantique. Pour Hervé Juvin, cette négociation annonce « à bien des égards la perspective d’une Europe puissance, d’une Europe comme identité et même d’une Europe comme entité politique a part entière ».
Peut-on envisager le remplacement de l’Union Européenne par une Union Occidentale sous contrôle politique de Washington et militaire de l’Otan ? Se dirige-t-on doucement vers un monde tripolaire partagé entre l’Union transatlantique, l’Union Eurasiatique et la Chine? .......................