Dans les récentes cyber-affaires qui émaillent l’actualité – Prism ou OpPetrol par exemple – un aspect revient de plus en plus, celui de la revendication de l’action. Il peut sembler paradoxal de se désigner, voire de se dénoncer, après une action offensive dans un espace où l’anonymat constitue l’une des plus intéressantes caractéristiques stratégiques. D’ailleurs, n’en déplaise aux adeptes de la théorie du complot ou du cyberespionnage étatique, fanatiques d’hommes en noir jouant le rôle de Big Brother, l’anonymat reste possible, bien que complexe, sur le net. Le principe de non-attribution comme d’incertitude sur l’origine réelle des attaquants pose de vrais problèmes aux Etats désireux de se constituer une doctrine « ouverte » en ce domaine qui soit en cohérence avec le droit. Si certains comme les Etats-Unis tentent de jongler comme ils le peuvent avec cet aspect plus que problématique, notamment pour des questions de dissuasion (la cyberdetterence), force est de constater que sur Internet, si vous vous y prenez bien, personne ne sait que vous êtes un chien.
Se pose alors la question des mouvements ou des organisations qui revendiquent des actions illégales comme le vol et la diffusion de données confidentielles, l’intrusion ou même la destruction de systèmes. Le cas de OpPetrol est tout à fait intéressant. Sans réel motif apparent, du moins sans lien avec une quelconque actualité qui permettrait de réparer une « injustice » réelle ou supposée, le mouvement Anonymous a attaqué les systèmes de toutes les grandes compagnies pétrolières, occidentales (Total, ExxonMobil, BP), émergentes (Rosneft, PetroChina, Petrobras) ou de pays en développement (NIOC, Saudi Aramco, Sonangol). Cette opération est avant tout affaire de revendication et donc de perception. Les mouvements cybers tiennent aujourd’hui sur la simple rhétorique du « nous pouvons le faire ». A cet égard ils se rapprochent dans leur mode de communication d’organisations terroristes traditionnelles où la revendication prend parfois plus de place que l’action, sur le mode de la bonne vieille agit-prop bien connue des mouvements subversifs. L’on en revient ainsi doucement à Mc Luhan et au village global....................................
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