La France vient donc de s’engager dans une opération militaire au Mali malgré les déclarations de son président François Hollande qui affirmait pourtant encore récemment que: « la France n’interviendrait pas au Mali ».
Apres la Libye et la Cote d’Ivoire c’est la troisième opération militaire du pays en moins de deux ans, sous deux majorités présidentielles différentes. L’opération militaire en Libye, était destinée à aider « l’opposition Libyenne » à renverser le tyran Kadhafi alors qu’au Mali, le président français prétend lutter contre les « terroristes ». Une rhétorique identique à celle qui, très curieusement, est reprochée au président syrien Bachar al-Assad, qui lui aussi affirme mener une guerre contre les terroristes, puisque la montée en puissance et l’omniprésence des djihadistes n’est plus aujourd’hui contestée par personne, voir ici, là ou encore là par exemple. Une seule rhétorique mais deux poids deux mesures ?
La nébuleuse terroriste qui opère dans le nord du Mali et que l’armée française combat comprend deux mouvances distinctes. Il y a tout d’abord une mouvance Touareg transnationale puisque le « Touaregistan » recouvre un vaste espace partagé entre la Libye, l’Algérie, le Nord du Mali, le Burkina Faso et le Niger. Les combattants du MLNA, créé en octobre 2011, ont profité des retombées de la révolution libyenne. Les milliers de Touaregs auparavant enrôlés dans l’armée libyenne se sont en effet réfugiés dans le Sahel à la chute du régime, emportant avec eux leurs armes, et on peut l’imaginer, beaucoup de matériel militaire. Mais dans les faits, les conquêtes militaires de cette nébuleuse Touareg s’est accompagnée de la montée en puissance d’une autre mouvance, salafiste celle-là. Il y a tout d’abord Ansar Dine, un groupuscule armé salafiste créé en décembre 2011 et qui œuvre main dans la main avec Al-Qaïda au Maghreb islamique. Al-Qaïda au Maghreb islamique est une organisation islamiste formée en 2007, anciennement connue sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui était issu du GIA algérien. De quelques centaines de membres en 2010, les effectifs de cette nébuleuse salafiste du Nord Mali sont estimés a désormais plusieurs milliers d’hommes selon le centre français de recherche sur le renseignement et bénéficierait du soutien direct du Qatar.
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