Monday, January 21, 2013

Le retour de la « guerre contre le terrorisme »


Dans les discours politiques occidentaux, on la croyait disparue depuis l’élection d’Obama en 2008. Et la voilà aujourd’hui qui revient en fanfare dans la bouche des socialistes français, pourtant rarement absent quand il s’agit d’exprimer la bien-pensance contemporaine. Quelle ironie ! 

A Paris, les cercles du pouvoir s’interdisent absolument de désigner les ennemis que la France affronte militairement au Mali depuis le 11 janvier. Ce sont des « terroristes » dit le président François Hollande.  Des « terroristes criminels », ajoute le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius. A quand les « méchants terroristes criminels » ? 

Dans les conflits contemporains, la manière de nommer son ennemi en dit plus  long sur ce que l’on est que sur l’ennemi en question. On se souvient de la « guerre contre le terrorisme », la Global War On Terror de George W. Bush, au lendemain du 11 septembre. Barack Obama abandonna ses mots, sans pour autant se monter faible. A-t-il eu tort ?  On se souvient aussi des mots de Vladimir Poutine parlant, en 1999,  des terroristes tchétchènes : « on les buttera dans les chiottes ».

Désigner notre ennemi comme « terroriste » présente un avantage : il évite de le définir plus précisément ! Or, qui sont les hommes que nous combattons au Sahel ? Des islamistes radicaux, des djihadistes, majoritairement d’origine arabe et touareg. Mais les « éléments de langage » des dirigeants français évitent avec le plus grand soin de le dire : les mots « islamistes » ou « djihadistes » ne sont pas employés. Comme si, par souci de ne pas « stigmatiser » les musulmans, il ne fallait surtout pas utiliser de mots trop « connotés », comme on dit… Le conseil français du culte musulman n’a d’ailleurs pas manqué de « saluer » la « précaution utile et nécessaire » du chef de l’Etat français. 

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