Tuesday, October 8, 2013

Les énormes flux d'or vers Hong Kong


Un observateur qui regarderait le graphique ci-dessous le trouverait il inquiétant ? 
 
Et s’il apprenait que  les flèches en direction de Hong Kong représentent la taille et la direction des flux de métaux précieux dans le monde ?  
Le trouverait il inquiétant ?

Les exportations d’or du Royaume-Uni 
Un article publié la semaine dernière par le Financial Times de Londres rapportait que les exportations d’or depuis le Royaume-Uni vers la Suisse ont été multipliées par dix depuis un an.
Au cours des six premiers mois de 2013, le Royaume-Uni a envoyé 798 tonnes d’or vers les raffineries Suisses, contre seulement 83 tonnes au cours des six premiers mois de 2012. Au cours du seul mois de mai, 240 tonnes de métal ont été exportées.
798 tonnes, c’est beaucoup d’or !
C’est l’équivalent de 30% de la production d’or annuelle globale, ou 8% des 10.000 tonnes d’or privé et officiel qui se trouveraient dans les coffres de la Banque d’Angleterre à Londres.
Et  puisque c’est une information extraordinaire, je juge bon de me répéter. Au cours des six premiers mois de cette année, Londres, le centre du marché de l’or mondial, a envoyé l’équivalent de 30% de la production d’or annuelle globale vers la Suisse. 
Puisque le Royaume-Uni n’a pas de mine d’or substantielle, et que la banque d’Angleterre ne conserve que 300 tonnes d’or en le nom du Trésor Britannique, l’or exporté provient certainement d’autre part.
J’ai déjà suggéré dans un certain nombre de mes commentaires hebdomadaires que l’une des sources permettant de satisfaire la demande en or du monde puisse être les inventaires des ETF déposés à Londres. Les ETF ont vendu 650 tonnes d’or cette année.
J’ai également expliqué que selon des informations publiées par la banque d’Angleterre elle-même, 1.300 tonnes d’or ont disparu de ses bilans entre février et juin de cette année. Voilà qui suggère que d’importantes quantités d’or ont quitté ses coffres.
Observés ensemble, ces trois facteurs prouvent clairement que des quantités de métal sans précédent sont déplacées à partir de Londres, et nous savons vers où une majorité de cet or se dirige.
Montres Suisses, chocolat Suisse, banques Suisses, et n’oublions par les raffineries Suisses
Une majorité de cet or se dirige vers les raffineries Suisses.
Quatre des plus importantes et des plus prestigieuses raffineries, j’ai nomméMetalorPampArgor-Heraeus et Valcambi, se trouvent en Suisse. Il est dit que les raffineries Suisses traitent près de 70% des réserves d’or mondiales. Certains rapports confirment également que ces raffineries tournent jour et nuit pour satisfaire la demande.
Comme vous le savez certainement, le ‘fabriqué en Suisse’ est connu pour sa qualité et sa précision, quelle que soit l’industrie concernée.
Les Suisses ont bien entendu aussi la réputation d’avoir des coffres bancaires sécurisés et d’offrir un service de transport de première classe pour les biens qui y sont envoyés. Pour cette raison, il n’est pas étonnant que les Suisses aient une relation de longue date avec l’or et le marché de l’or. 
Il y a trois raisons possibles pour lesquelles l’or sort des coffres du Royaume-Uni pour se rendre en Suisse.
La première est que les raffineries Suisses soient les seules à avoir la capacité de transformer les énormes quantités d’or standardisé et reconnu que sont les barres Good Delivery de 400 onces sous des produits physiques plus petits, telles que des barres d’un kilo préférées par les Asiatiques.
J’ai déjà abordé, ainsi que d’autres observateurs de marché, les deux autres raisons. Premièrement, la demande Asiatique sans précédent exige la transformation de l’or sous une marque et d’un poids caractéristiques de l’Asie. Deuxièmement, les propriétaires d’or perdent rapidement confiance en le marché de l’or de Londres.
Des rumeurs circulent, ainsi qu’un nombre croissant de preuves, au sujet d’irrégularités sur le marché de Londres. En conséquence, de nombreux individus fortunés, institutions et gouvernements qui trouvaient jusqu’alors bénéfique de conserver leur or au cœur du marché de l’or de Londres se dirigent maintenant vers la sortie.
Ils transfèrent leur or depuis Londres vers des coffres privés qui ne sont pas exposés au système financier de l’or papier (c’est-à-dire aux ETF, aux contrats à terme et aux opérations de prêts en or des banques commerciales).
On estime sur le marché financier de l’or papier à entre 40 et 100 le nombre de contrats papiers pour chaque once de métal disponible.
La déthésaurisation des ETF, les contradictions de la banque d’Angleterre en matière de réserves d’or et les exportations d’or depuis le Royaume-Uni vers la Suisse prouvent clairement que l’or de Londres se déplace.
Vers où va tout cet or ?
‘vers Hong Kong’.
Il est alors nécessaire de creuser un peu pour découvrir vers où les raffineries Suisses envoient les réserves d’or nouvellement transformées.
J’ai analysé les chiffres de l’importation enregistrés par le Départeemnt des Statistiques et du Recensement de Hong Kong et ai découvert que 375 tonnes d’or ont été importées depuis la Suisse au cours des six premiers mois de 2013.
J’ai également découvert que le Royaume-Uni a envoyé 59 tonnes d’or directement vers Hong Kong sur la même période. En additionnant ces deux chiffres, nous obtenons un total de 434 tonnes de métal.
Très intrigué, j’ai poursuivi mes recherches et ai découvert que Hong Kong, au cours des six premiers mois de cette année, a importé 238 tonnes d’or depuis trois des plus gros producteurs d’or de la planète, l’Australie (#2), les Etats-Unis (#3) et l’Afrique du Sud (#5). Ces pays ont envoyé respectivement 81, 84 et 73 tonnes d’or vers Hong Kong.
En annualisant ces chiffres et en les comparant à la production annuelle de chacun de ces pays, leurs exportations combinées vers Hong Kong représentent 73% de leur production annuelle cumulée !
J’ai ensuite découvert que 22 autres pays ont exporté de l’or vers Hong Kong, pour un total de 135 tonnes de métal. 
Le total de ces exportations s’élève à 807 tonnes d’or pour seulement six mois. Une fois annualisé, ce chiffre représente 65% de la production minière annuelle globale.
Puisqu’une image vaut mieux que mille mots, voici un graphique en camembert représentant l’origine de l’or importé par Hong Kong au cours des six premiers mois de cette année et leur pourcentage par rapport au total.

Ne soyez pas alarmé par le bruit sourd qui nous vient d’Orient, et qui petit à petit aspire l’or tout autour de nous.
La cerise sur le gâteau 
Qui n’aime pas les cerises ?
La Chine est le premier producteur d’or mondial et n’exporte pas sa production annuelle estimée à 400 tonnes. Les quatre plus gros producteurs d’or du monde envoient donc en moyenne 83% de leur production annuelle à la Chine.  
Il est nécessaire de mentionner ici un point important au sujet des importations et des exportations d’or entre Hong Kong et le continent Chinois. Il est facile d’oublier que, pour des raisons pratiques, Hong Kong se trouve en Chine et que Hong Kong est Chinoise. Comme les données ci-dessus l’indiquent, la ville de Hong Kong sert également de port d’entrée de l’or vers la Chine.
En gardant cela à l’esprit, notez que Hong Kong a envoyé 91% de ses exportations en or, ou 736 tonnes, vers la Chine au cours des six premiers mois de cette année.
Au risque de vous confondre, notez également que la Chine a envoyé 218 tonnes d’or vers Hong Kong. Annualisé, ce chiffre représente 436 tonnes, soit approximativement la production annuelle de la Chine.
Mais puisque Hong Kong envoie 91% de l’or qu’elle importe (dont celui qui provient de la Chine) vers la Chine, il est probable que ces 218 tonnes n’y soient envoyées que pour y être raffinées ou stockées.
La raison en est que Hong Kong, comme la Suisse, dispose de raffineries reconnues et de nombreuses infrastructures de stockage.
Conclusion… 
J’ai eu la chance cette semaine de pouvoir découvrir d’autres pièces du puzzle de la demande en or.
Dans mes précédents commentaires, je suis parvenu à établir que la demande globale en or physique est très importante, et qu’une importante part de cette demande provient d’Asie.
J’ai apporté plus haut de nouvelles preuves du transfert de propriété de l’or physique vers la Chine. 
Dans mon commentaire de la semaine dernière, j’ai abordé le sujet des transformations tectoniques qui prennent place sur le marché de l’or et en affectent le paysage.
La discussion d’aujourd’hui apporte plus de lumière sur le nouveau paysage du marché de l’or.
La nouvelle réalité, que les participants au marché devraient apprécier dans toute son ampleur, est que la Chine est le plus gros consommateur et producteur d’or du monde. Elle deviendra donc bientôt la principale actrice du marché de l’or.
Le Shanghai Gold Exchange a récemment précisé que son objectif était de devenir le plus important marché mondial. Compte tenu de l’activité physique mentionnée ci-dessus, il semblerait que ce ne soient pas que des paroles en l’air.
Les médias grand public ignorent ou masquent les nouvelles réalités du marché de l’or, chose que ne peuvent se permettre les investisseurs.
De mon point de vue, ces dynamiques ne peuvent nous indiquer qu’une issue favorable pour le prix de l’or sur le long terme. Si le mois qui vient de s’écouler peut nous indiquer une chose, c’est que l’or se tient prêt à enregistrer de nouvelles performances. 
P.S.
Compte tenu de la situation actuelle sur le marché de l’or, les actions ne nos chères sociétés minières devraient bientôt se trouver grandement appréciées. Je vous conseille donc d’accumuler les actions des sociétés les plus solides sans plus attendre.
Voici ci-dessous une analyse comparative des sociétés minières, qui offre de nombreux outils de comparaison. Il vous aidera à discerner le bon grain de l’ivraie.