Monday, September 23, 2013

Poutine en croisade contre la décadence occidentale


Pour le dixième anniversaire du Club de discussion international baptisé Club Valdaï (du nom de la ville où il se tient, près de Novgorod au nord de la Russie), 250 hommes politiques, intellectuels, opposants, journalistes de 38 pays étaient conviés à échanger - librement, selon l'esprit du Club - sur le thème : "Comment renforcer l'unité de la société, de l'Etat et de la nation". 

Vladimir Poutine est arrivé en guest star pour la séance plénière de clôture, accompagné du pool de presse du Kremlin et de plus de vingt correspondants étrangers, selon le quotidien russe IzvestiaLe président a parlé de la nécessité de conserver l'identité nationale russe face à la globalisation montante, tout en luttant contre le séparatisme. 

Il a critiqué l'excessive "correction politique" de l'Occident et son renoncement aux valeurs traditionnelles, prêchant pour la préservation de la morale chrétienne (et les valeurs propagées par les grandes religions), et contre la tendance des Occidentaux à "bafouer la dignité humaine". "On [l'Occident] rejette les principes moraux et toute indentité traditionnelle, qu'elle soit nationale, culturelle, religieuse ou même sexuelle... On mène des politiques mettant sur un pied d'égalité les familles nombreuses et les familles homoparentales, la foi en Dieu et la foi en Satan...”, a fustigé le président russe, dont les propos sont rapportés par le quotidien économique RBKdaily

Cette harangue conservatrice a été tempérée par des annonces d'ouverture inattendues : sur la poursuite d'une plus grande participation de l'opposition à la vie politique russe, sur la possibilité d'une amnistie pour les opposants actuellement inquiétés par la justice pour leur participation au mouvement de contestation de 2012. Mais tout cela sans exclure sa candidature à la présidentielle de 2018. Comme analysent lesIzvestia dans un autre commentaire : "L'atmosphère générale devait souligner l'essentiel : Poutine reste un leader d'envergure internationale..., et aucune alternative sérieuse n'existe, ni ne se profile pour l'instant".