Saturday, June 15, 2013

Une vieille utopie refait surface en Suisse

Il s’agit probablement de l’une des initiatives politiques les plus insolites de ces dernières années. Les partisans d'un revenu de base inconditionnel affirment avoir déjà récolté suffisamment de signatures pour que leur projet soit soumis au vote populaire.
«Rien que des bêtises», grommelle un homme d'âge mûr, à l’entrée de la gare de Bâle en ce jour de fin mai, en réponse à l’invitation d’un jeune militant à signer l’initiative lancée par un groupe de personnes indépendantes de toute organisation politique majeure.
 
Dans leur texte de présentation, les initiants déclarent qu’il est temps de tenir un large débat public sur la valeur du travail dans la société, sur l'écart qui ne cesse de se creuser entre riches et pauvres et, en particulier, sur un revenu mensuel de 2500 francs pour chaque résident légal en Suisse. Objectif: donner à chacun le droit à l'autodétermination et à une vie meilleure.
 
Bien que ce passant ne soit de loin pas le seul à réagir négativement et à le faire savoir, il fait partie de la minorité, ce samedi matin. Quelques instants plus tard, le même militant est plongé dans un débat animé avec un enseignant retraité sur la valeur du travail, sur la nécessité pour la jeune génération de se battre pour obtenir travail et formation. Finalement, le citoyen grisonnant ne signera pas l'initiative. «Cela semble une bonne idée, mais je ne crois pas qu’elle soit applicable», explique-t-il.
 
Le jeune militant ne semble pas se décourager pour autant. Il fait partie d'un groupe de cinq personnes qui semblent prendre plaisir à discuter ouvertement. Et leurs efforts sont récompensés: après avoir exprimé un certain scepticisme, un soldat de 22 ans finit par signer. En partance pour le week-end, il pèse le pour et le contre du texte, hochant lentement de la tête. Puis il se décide et se prononce sur les avantages et les inconvénients de l’initiative. «C’est bien de discuter autour de l'idée», estime-t-il, ajoutant que les initiants devraient éviter de faire un lien entre les notions de prestation sociale et de charité, qui pourrait faire peur à d’éventuels partisans................................................