Monday, June 3, 2013

Syrie : la revanche de Moscou ?


Longtemps sur la défensive dans le dossier syrien, la Russie enregistre de nombreux motifs de satisfaction : la situation militaire sur le terrain est de plus en plus favorable au régime de Bachar al-Assad, les Etats-Unis semblent sincèrement prêts à œuvrer à une conférence internationale – conséquence directe de la nouvelle tentative de « reset » lancée à la mi-avril à la suite de la visite en Russie du conseiller de Barack Obama pour la sécurité nationale, Tom Danilon – tandis que Moscou retrouve une certaine centralité dans le jeu régional en agitant le spectre de livraisons d’armes sophistiquées à Damas.
Syrie
Combats en Syrie
Les officiels russes ont fait, ces derniers jours, de nombreuses déclarations sur la mise en œuvre des contrats signés par Moscou et Damas entre 2007 et 2010 et qui n’avaient pas été réalisés sur décision unilatérale du Kremlin. Pour mémoire, la Russie avait notamment renoncé à livrer à la Syrie des intercepteurs à long rayon d’action MiG-31 ou des missiles tactiques Iskander. Vladimir Poutine comme Dmitri Medvedev avaient in fine toujours cédé aux demandes d’Israël de ne pas fournir des systèmes susceptibles de modifier les équilibres militaires régionaux.
Quelles armes pourraient être livrées par Moscou à la Syrie ? Les systèmes antiaériens longue-portée S-300 sont au cœur de nombreuses spéculations. Il est vrai que le déploiement de six divisions de ce type d’équipement changerait la donne. Des raids israéliens ou américains – qu’ils visent à détruire ces systèmes ou à frapper les troupes d’Assad au sol – ne seraient certes pas totalement empêchés, mais ils s’accompagneraient sans doute de pertes significatives. Le projet de zone d’exclusion aérienne, régulièrement évoqué en Occident, serait définitivement compromis. Assad a laissé entendre que les livraisons de S-300 avaient débuté, la Russie entretenant pour sa part l’ambiguïté. Outre les considérations d’ordre diplomatique, la fourniture et la mise en service opérationnel des S-300 se heurtent à deux obstacles : d’une part, les voies d’acheminement (la seule option directe est la voie maritime via Tartus) ; d’autre part, la maîtrise technique des servants. Il faut en effet plusieurs mois pour former convenablement des équipes. Autrement dit, les S-300, s’ils sont livrés à la Syrie, devront être fournis avec des officiers russes, faute de quoi ils seraient effectivement détruits par Tsahal......................